La confiance vient aussi de la compétence. Et un entraînement intensif permet d’acquérir des compétences dans tel ou tel domaine. En effet, à force de répétition de mêmes gestes, le corps les intègrent comme une deuxième nature.

 

Développer l’expérience d’une pratique

Un psychologue Anders Ericsonn a développé une théorie : « la théorie des 10000 heures ». Après avoir étudié une classe de violonistes de l’Académie de Berlin, les meilleurs de ces violonistes auraient pratiquer leur instrument pendant au moins 10 000 heures. Il a ainsi déterminé une durée de travail équivalente à 10000 heures à atteindre pour devenir expert dans un domaine quel qu’il soit (soit 3 heures par jour pendant dix ans).

Tous les grands artistes le confirment : un travail assidu voir même obsessionnel est indispensable pour avoir confiance dans sa pratique.

Cependant, comme le souligne Charles Pépin, n’importe qui ne peut pas devenir un virtuose simplement par ces 10000 heures. La notion de plaisir et d’aspiration profonde pour le domaine choisi sont incontournables : une présence véritable à son art.

Ainsi, on comprend que la confiance vient avec le temps, avec l’acquisition d’une compétence progressivement incorporée. Par paliers, elle a des effets libérateurs. Elle est donc acquise.

« Le génie, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration » Thomas Edison, inventeur américain.

Aussi, chaque fois que nous doutons de nous, rappelons nous que ce n’est pas parce que nous ne sommes pas doués. Mais cela vient du fait que nous ne sommes pas suffisamment entrainés.

Par conséquent, la confiance en soi se joue dans notre rapport à l’action, et tout ce qui nous ancre dans le réel peut lui servir de tremplin.

 

Expérimenter et se féliciter

Nous avons besoin d’expérience concrètes, de compétences précises et de succès réels pour prendre confiance en nous. Nos réussites même celles que l’on peut juger minimes (marcher, écrire en attaché, faire du vélo, engager la conversation, exprimer notre désaccord, formuler nos désirs…) sont des étapes sur le chemin de la totale confiance en soi. A chaque fois que nous félicitons les enfants, nous les invitons un peu plus à prendre confiance en eux.

Et ce n’est pas en cherchant plus de confiance en soi que nous l’obtiendrons. C’est avec de la patience et de la curiosité. Les musiciens connaissent bien ce mécanisme : c’est en travaillant leurs gammes tous les jours qu’ils se mettent un jour à commencer à improviser.

Le plaisir, le meilleur allié de la confiance

En effet, le plaisir permet de relativiser et d’être plus relâcher. Ce plaisir est l’indice que cette pratique nous convient, que nous avons toutes les chances de nous faire du bien en l’approfondissant. Il est rassurant de savoir que l’on avance sur un chemin qui nous correspond.

L’instinct de l’art contre l’instinct de peur

Dès lors que notre compétence nous en apprend sur nous-mêmes, nous ne sommes pas enfermés dans une stricte logique de compétence. La compétence ne doit pas servir uniquement à nous rassurer et déjouer tous les imprévus. L’idée est de développer cette maîtrise en gardant à l’esprit que nous ne maîtriserons pas tout. Avec ceci en tête, nous serons capables d’inventivité, d’adaptation, à toute situation imprévue.

Pour Nietzsche, si l’instinct de la peur nous guide vers l’expertise, nous ne pourrons jamais tirer de celle-ci une véritable confiance. Ainsi, chaque fois que notre créativité l’emporte sur notre frilosité, nous favorisons la métamorphose de la compétence en confiance.

Pour Nietzsche, d’un côté, une répétition morne, coupée de la vie, dans laquelle l’individu s’éteint peu à peu, de l’autre une répétition libératrice, pleine d’une vie en train de se déployer.

 

En conclusion

Nos compétences nous rassurent mais n’oublions jamais la finalité : sortir de notre zone de confort et réussir à se faire confiance.

S’appuyer certes sur ce que nous connaissons déjà, et aussi « allons par où l’on se sait pas » et apprenons à nous connaître à travers nos expériences. Développons nos compétences sans crispation, en veillant toujours à ce qu’elles nous rapprochent de nous-mêmes, et nous permettent de nous saisir de notre liberté. La confiance viendra comme une grâce.

Sources :

« Va par où tu ne sais pas… » Laurence De la Baume

La confiance en soi – Charles Pépin

Consulter le premier article sur la confiance en soi : La confiance en soi : une confiance relationnelle (1/3)