Pour beaucoup, nous grandissons avec un faux-self comme le signifie Winicott, psychanalyste américain. Le « faux self » est un mécanisme de défense ou d’adaptation qui se met en place inconsciemment pour faire face à un milieu menaçant ou contraignant et est surtout représentatif d’un rôle qu’on lui aurait imposé. A contrario, le vrai-self est la manifestation de l’image qu’un individu se fait de lui-même quand il se sent en confiance ainsi que dans son milieu. Or, ce faux-self nous empêche d’être nous-même et de nous écouter.
Apprendre et questionner
Si l’on grandit dans une famille qui ne dysfonctionne pas trop, on devrait apprendre à apprendre et à poser des questions pour ensuite faire et réfléchir par nous-même. Ceci constitue la base de l’autonomie. Or, il arrive que cet environnement familial nous contraint parfois à correspondre à un modèle d’enfant calme et qui ne fait pas trop de bruit. L’enfant va grandir dans ce contexte avec un faux-self l’empêchant d’être lui-même.
L’école devrait nous aider à nous écouter. Les grands professeurs propulsent leurs élèves dans l’aventure de l’existence : ils leurs donnent des armes pour oser être eux-mêmes en les invitant à réfléchir et à penser au-delà des savoirs en posant la question de savoir ce qu’ils pensent eux de tel ou tel sujet ? Réussir à s’écouter, c’est également arrêter de se soumettre aux vérités admises qu’elles viennent de la religion ou de la tradition. Savoir s’écouter, c’est intégrer le savoir et ne pas oublier de le questionner.
Distinguer l’urgent de l’important
Savoir s’écouter c’est aussi ne pas être soumis à la dictature de l’urgence. Nous connaissons tous cela : le manque de temps, la peur, la situation de stress. Et nous obéissons à celui qui nous presse, qui crie le plus fort, complètement absents à nous-mêmes.
Une des solutions est de savoir distinguer l’urgent de l’important. Parfois, le simple fait de s’interroger sur cette distinction est libérateur. Ceci est applicable aussi bien dans le champs professionnel que dans la sphère personnelle.
Un cadre pour nous permettre de nous écouter
Parvenir à s’écouter ne va pas de soi et peut s’apprendre par des rituels comme des rendez-vous pris avec soi. Ces rituels vont nous aider à nous mettre à distance du rythme effréné de notre vie.
Ils vont nous aider à nous retrouver : s’allonger 1 fois par semaine chez un psy, courir 3 fois par semaine, pratiquer la méditation ou le taï chi. Chacun de ces rituels vont nous offrir un cadre pour nous écouter. Ainsi, nous pouvons reprendre notre souffle, redevenir présents à nous-mêmes et c’est bien souvent dans ces moments-là que les blocages que nous rencontrons dans notre vie se dénoue.
S’écouter, c’est être libre
Faire confiance à son intuition, apprendre à s’écouter, c’est tout simplement être libre. Et bien souvent, nous nous faisons une idée erronée de la liberté en la réduisant à une absence totale de contraintes.
« Nous sommes libres lorsque nous réussissons à accueillir dans l’instant la totalité de notre passé, de notre vécu. » Bergson
Nous sommes libres lorsque nous réussissons à nous écouter tout entiers. Impossible d’être libre en réécrivant notre histoire et en occultant les pages sombres de celle-ci. Le Soi est multiple, paradoxal, changeant : c’est lorsque nous l’accueillons tel quel que nous prenons la mesure de notre liberté. Ainsi, nous ne sommes plus soumis ni à une vérité tombée du ciel, ni à une part de nous-mêmes qui nous tyranniserait de l’intérieur.
Sauter dans sa propre vie
Se faire confiance, c’est trouver la force de se détourner des voix qui répètent « c’est très urgent » « cela ne se discute pas » ou encore « les choses ont toujours été ainsi ». C’est se tourner vers soi, réussir à s’écouter et sauter enfin dans sa propre vie.
Les autres articles sur la confiance en soi :
La confiance en soi : une confiance relationnelle (1/3)
La confiance en soi : expérimenter et apprendre (2/3)
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