« La beauté c’est un signe par lequel la création nous signifie que la vie a du sens. Toute vie est une aventure naviguant entre inattendu et inespéré. » François Cheng

S’émerveiller : une expérience simple

S’émerveiller, c’est une expérience très simple que nous faisons régulièrement. Nous écoutons une chanson à la radio qui nous émeut au plus haut point. Nous nous disons que « c’est beau » comme si tout le monde devait trouver cela beau. La contemplation de la beauté nous autorise à nous écouter : c’est beau et parce que c’est sans aucune justification à apporter. En nous rendant présents à nous-même et au monde, cette expérience a aussi le pouvoir de réveiller voir peut-être d’entraîner notre confiance en soi.

Plaisir esthétique à dimension sensuelle et intellectuelle

Lorsque je regarde les montagnes enneigés, mes sens sont convoqués. Cependant, mon plaisir esthétique ne se réduit pas à une réjouissance de mes sens visuels et auditifs. Ce plaisir comporte également une dimension intellectuelle. Lorsque nous sommes sensibles à la beauté, nous nous fions également à l’harmonie de nos facultés : sensibilité, intelligence, inconscient, imagination. En étant subjugué par la beauté d’un paysage, le conflit interne qui nous épuise semble cesser miraculeusement.

Se rapprocher de soi et remercier

Aussi, fréquenter la beauté, c’est, d’une certaine façon, se rapprocher de soi pour plonger au fond de soi afin d’y trouver une possibilité de confiance. C’est aussi pour cela que nous ressentons de la gratitude à l’égard des artistes qui nous bouleversent. En effet, nous avons envie de les remercier pour ce pouvoir qu’ils nous donnent.

« Les grandes œuvres d’art n’offrent pas pour nous de leçon plus valable que celle-ci. Elles nous enseignent à nous soumettre à notre spontanéité avec une inflexibilité enjouée. » R.W. Emerson

Apprendre à ouvrir les yeux

Et comme nous invite à le faire Charles Pépin, apprenons à ouvrir les yeux : dans les campagnes comme dans les villes, la beauté est partout et elle donne rendez-vous à notre liberté. Dès lors que nous savons accueillir librement la beauté, elle peut nous délivrer de nos inhibitions et nous aider à gagner en confiance en nous.

S’emplir de cette force de vie pour redonner du sens

De plus, la beauté nous emplit d’une force de vie et peut nous aider à retrouver le courage. La contemplation peut nous permettre de relativiser, de changer de regard. Ainsi, le mystère de la lumière qui se lève sous nos yeux au premier matin, nos préoccupations ont soudain moins de poids. Pour Emerson, plutôt que de parler de confiance en soi, nous devrions « parler de ce qui a confiance car cela existe et est à l’oeuvre ». Ce quelque chose dans la beauté de la nature qui « existe et est à l’oeuvre » nous donne confiance en cette force qui vibre dans la nature et qui la rend belle.

Pour soi et dans un accord universel

Enfin, devant cette nature, qui nous fait dire « c’est beau » et qui peut nous consoler, nous avons aussi confiance en tous les autres hommes. Comme si l’accord que nous sentons en nous nous donnait l’envie de partager cette beauté dans un accord universel.

Les autres articles sur la confiance en soi :

La confiance en soi : une confiance relationnelle (1/3)

La confiance en soi : expérimenter et apprendre (2/3)

La confiance en soi : savoir s’écouter (3/3)

Sources :

Cinq méditations sur la beauté – François Cheng

Confiance en soi – R.W. Emerson

La confiance en soi, une philosophie – Charles Pépin

« Le messager » – Jaume Plensa