La définition de la confiance en soi pourrait se résumer ainsi : « Je fais de mon mieux. Et puis je vais voir ce qui se passera et j’apprendrais ».

En effet, un adulte anxieux est lucide, contrairement à l’enfant qui se lance pour la première fois sur son vélo. Or, on ne nait pas confiant, on le devient par l’apprentissage. Et c’est une (re)conquête, patiente et difficile qui commence dès le plus jeune âge et qui peut se faire à tout âge.

Un des ressorts de la confiance en soi : la confiance en l’autre.

La confiance relationnelle

La confiance en soi vient d’abord des autres. Un nouveau né est fragile et il survit parce qu’il est pris en charge par un autre humain. Boris Cyrulnik parle d’interactions précoces. Or, la sécurité intérieure issue de nos attachements initiaux est essentielle pour faire de nous des adultes confiants. Il existe une différence entre l’estime de soi (le jugement que nous portons sur notre valeur) et la confiance en soi (plus ciblé sur des domaines spécifiques). Même si les deux sont très liés.

Un environnement sécure dès la petite enfance

Les premières années sont décisives. J. Bowlby, médecin britannique, a déterminé 4 types d’attachements dont l’attachement sécure fondateur de la confiance en soi. Cet attachement s’établit dans la relation avec un parent empathique, affectueux, valorisant, encourageant. Dans ce cadre parental bienveillant, l’enfant va se sentir réconforté, valorisé et respecter dans son autonomie. Ainsi, il sera capable d’explorer son environnement et de se valoriser plus tard. Et il développera de la bienveillance vis à vis de lui-même et des autres, tout en sachant faire face à des conflits.Aussi, il pourra réguler ses propres émotions en ayant recours à ses ressources internes et externes.

Des relations d’amitié bienveillante

Plus tard, l’amitié et l’attention de notre environnement (enseignant, maître d’arts martiaux) vont faire parti des éléments qui vont nous aider à avoir confiance. Pour Aristote, un ami est quelqu’un qui nous rend meilleurs. Nous nous sentons bien à son contact et nous progressons, devenons plus intelligents ou plus sensible et nous ouvrons à des dimensions du monde ou de nous même que nous ne connaissions pas. Par conséquent, la relation d’amitié est l’occasion de notre développement.

Sensibles à l’attention et à la bienveillance d’un autre, accompagnés par quelqu’un qui nous veut du bien, nous retrouvons notre vérité d’êtres relationnels. Tout parent, maître, tout ami au sens d’Aristote devrait avoir ce processus en tête : d’abord mettre en confiance (sécuriser), ensuite faire confiance (insécuriser un peu). Découvrant la confiance dans les yeux de cet autre attentionné, nous nous sentons plus forts.

Pour Anne Dufourmantelle, psychanalyste et philosophe, l’anxiété de ses patients était avant tout un manque de confiance en les autres, la conséquence désastreuse d’une enfance amputée de cette si précieuse sécurité intérieure.

Heureusement, à tout âge, nous pouvons nouer des relations qui vont nous aider. Si nous n’avons pas eu la chance d’être des enfants suffisamment sécurisés par notre environnement affectif, il est possible de nouer en grandissant des relations qui nous donnent confiance.

Avec la psychothérapie

Parlez à un thérapeute peut aider à (re)tisser ce lien d’attachement qui a cruellement manqué pendant l’enfance et à avancer dans la connaissance de soi pour reprendre confiance en soi.

A suivre les autres ressorts de la confiance en soi : La confiance en soi : expérimenter et apprendre (2/3)

 

Sources :

Conférence « le rendez-vous de la confiance en soi » – Christophe André et Frédéric Lenoir – Mentorshow (octobre 2025)

La confiance en soi – Charles Pépin

La théorie de l’attachement – J. Bowlby

Puissance de la douceur – Anne Dufourmantelle