Notre sociabilité est le produit de l’évolution. Notre cerveau et notre physiologie sont adaptés à la vie en société, favorisant la coopération, la communication et le partage d’informations. En tant qu’êtres humains, nous avons un besoin intrinsèque d’interagir les uns avec les autres.
Un besoin de liens sociaux tout au long de la vie
Répondre aux besoins matériels des bébés n’est pas suffisant à leur développement harmonieux. Les nourrissons ont besoin d’interactions sociales et de nourritures affectives. En effet, les enfants privés de liens ont des difficultés à former des attachements sécurisants avec les autres et cela peut avoir une influence sur leur capacité à établir des relations sociales positives à terme. Et Il en est ainsi tout au long de la vie. Comme on peut le constater chez les personnes âgées, les besoins sociaux sont tout aussi prépondérants que les besoins physiques.
L’impact des liens sociaux sur notre bien-être
Le professeur de psychiatrie Robert Waldinger dirige actuellement une étude scientifique « Harvard Study of Adult development ». Cette étude suit, depuis 1938, des personnes tout au long de leur vie. D’après ce professeur, il y a trois leçons centrales à tirer de cette étude :
* les relations sociales sont bonnes pour nous et la solitude tue.
* La qualité des relations est un facteur important. Or, le seul fait d’être en couple ou le nombre d’amis ne sont pas essentiels. En effet, on peut se sentir seul au milieu d’une foule. L’important est de vivre au milieu de relations chaleureuses qui nous protègent. Aussi, le niveau de satisfaction des relations prédisposent à une vie épanouie.
D’après la théorie des besoins psychologiques de base, les trois besoins psychologiques fondamentaux sont : la relation, l’autonomie et la compétence.
« Etre en relation, c’est faire l’expérience du lien et du soin, c’est se connecter de manière chaleureuse et étroite aux autres » Ilios Kotsou
A ce sujet, Irvin Yalom, psychothérapeute américain, affirme que la relation soigne, et ajoute qu’il n’existe pas de vérité plus grande en psychothérapie.
L’absence de liens sur notre planète interconnectée : un problème majeur
La solitude, touchant un tiers des personnes des pays industrialisés est un véritable enjeu de santé publique.
D’ailleurs, elle est de plus en plus importante chez les jeunes. Comme le montre une étude internationale de 2018 sur la solitude à l’école d’adolescents âgés de 15 à 16 ans, près de deux fois plus d’adolescents présentent des niveaux élevés de solitude à l’école. Et Cela est en lien avec l’accès au smartphone et à l’utilisation d’internet à des âges de plus en plus précoces.
A quoi passons-nous notre temps ?
Des recherches ont montré que le temps passé en personne (et non pas en ligne) avec notre famille, nos proches, nos amis, et le temps où nous sommes engagés socialement a dramatiquement baissé ces dernières années.
« Tu peux, nous dit Marc Aurèle, à l’heure que tu veux te retirer en toi-même. Nulle retraite n’est plus tranquille ni moins troublée pour l’homme que celle qu’il trouve en son âme ».
Et le temps auquel nous invite Marc Aurèle, temps solitaire, moment de qualité dédié à la contemplation, a reculé au profit des heures de consultations des écrans.
Selon le baromètre numérique du CREDOC de 2025 :
- les français passent 35h par semaine en moyenne devant un écran (soit 17 ans de leur vie) et 1/3 de leur temps disponible hors sommeil
- Dès 2 ans, un enfant passe chaque jour en moyenne 56 mn devant un écran
L’utilisation du numérique a des effets positifs car il offre une accessibilité accrue aux informations et autres. Mais il peut aussi contribuer à l’isolement et à la déconnexion sociale.
Quand les médias sociaux sont utilisés pour faciliter les relations, communiquer ou se faire de nouveaux amis, cela peut réduire le sentiment de solitude.
En revanche, s’ils sont utilisé pour remplacer les liens réels par des interactions en ligne, cela a une incidence sur le sentiment de solitude.
Pour le professeur Cassie Mogilner, lorsque nous sommes conscients de la notion de temps, nous passons plus de temps avec notre famille et nos amis. Et ceci nous conduit à un plus grand bien-être.
Le lien à plus grand que soi
La connexion au vivant contribue à la satisfaction dans la vie, mais également aux comportements de durabilité environnementale.
« l’interdépendance est la loi fondamentale de la nature. Rien n’existe en isolement. Nous sommes tous connectés et notre bien-être dépend de celui des autres » Jane Goodall
Le sentiment d’interdépendante, par la reconnaissance de ce fait que nous sommes toutes et tous reliés et interconnectés les uns aux autres et à la nature, peut nous conduire à prendre soin de ces liens.
Source :
La puissance des liens – Ilios Kotsou et Caroline Lesire
Baromètre du numérique – Edition 2025 – Sourcing CREDOC
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