Un cerveau non stimulé par la présence, l’affection, les mots des autres subit des atrophies cérébrales. Les liens aux autres se construisent progressivement in utero jusqu’à l’âge adulte.

« Sans altérité, mon cerveau, ma biologie, mon âme dysfonctionnent » Boris Cyrulnik

In utero, le lien à l’émotionnel maternel

La première connexion entre le développement du cerveau de l’enfant et l’extérieur commence dans le ventre de la mère. En effet, le foetus reçoit des informations sur l’état de santé de la mère. Si elle est stressée, par exemple, le cortisol qu’elle produit passe par la barrière placentaire. Ce stress lié au malheur de la mère va produire des substances toxiques qui vont entraîner des altérations cérébrales.

Aussi, quand on arrive au monde, on a donc déjà une histoire de 9 mois. Il s’agit d’une histoire avec les émotions de notre mère avec lesquelles on a tissé un lien particulier.

 

A la naissance : le lien avec les bras de la figure d’attachement

Ce lien particulier perdure avec la naissance. On sait qu’à l’âge de 10 mois, tous les bébés ont acquis un style d’attachement imprégné dans leur mémoire. On sait que 70% des bébés ont acquis un attachement sécure tandis que 30% ont acquis un attachement insécure* car la mère, elle-même n’a pas été assez entourée ou sécurisée par ses proches, la société, les soignants.

Aussi, le développement des individus de la fécondation jusqu’à l’âge adulte, se fait graduellement du ventre de la mère puis dans les bras de la figure d’attachement (mère, père, grand-mère…).

 

et la parole

Nous sommes des mammifères parlant. Nous créons notre monde avec des mots et un récit. Et nous habitons le récit que nous avons créé ou que l’on a créé pour nous. Même si ce récit est coupé de la réalité.

Aujourd’hui, on sait que parler à un bébé, c’est structurer son cerveau.

 

(re)tisser des liens 

Si ces étapes de la construction des liens aux autres ne s’est pas passé correctement, il est possible de réparer cela grâce aux autres. Cela n’est cependant pas une affaire individuelle. Il faut se mettre en équipe pour essayer de comprendre la nouvelle manière de tisser des liens. Cela implique les proches mais aussi la société dans laquelle nous vivons. Borys Cyrulnik parle de « résilience ». C’est un processus qui « nous tricote sans cesse avec les autres ». C’est l’aptitude à survivre à des événements particulièrement douloureux. Elle est caractéristique d’une « personnalité blessée mais résistante, souffrante mais heureuse d’espoir quand même ».

Et ceci est possible grâce à « des tuteurs de résilience ». Ce sont des personnes qui aident la personne blessée à se reconstruire. Par exemple, la plupart des enfants à la suite de maltraitance sont résilients car il sont reçu un soutien affectueux de l’un des deux parents, d’un oncle, d’une grand-mère, d’un professeur.

* la théorie de l’attachement à lire dans l’article : https://lydiegache.fr/la-confiance-en-soi-une-confiance-relationnelle-1-3/

Source :

« La puissance des liens » – sous la direction d’Ilios Kotsou et Caroline Lesire